Centre Technique des Jardiniers

2013 | REALISATION (en cours)

Résidence d’artiste et centre Technique du parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville (60)

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« Tout arrangement affecté (…) ne peut jamais produire l’effet pittoresque d’un tableau ou d’une décoration » estime le marquis René de Girardin qui s’intéresse à l’embellissement et à l’enrichissement de la nature. Il exclut de céder la place au désordre ou au caprice, « Si la nature mutilée et circonscrite, est triste & ennuyeuse, la nature vague & confuse n’offre qu’un pays insipide, & la nature difforme, n’est qu’un monstre » . « Ce n’est donc ni en Architecte, ni en Jardinier, c’est en Poète & en Peintre, qu’il faut composer les paysages, afin d’intéresser tout а la fois, l’œil & l’esprit». L’effet pittoresque et la nature ne peuvent avoir qu’un même principe: « que tout soit ensemble, et que tout soit bien lié ».
De la Composition des Paysages, ou des moyens d’embellir la nature autour des habitations en cognant l’agréable à l’utile
René-Louis de Girardin, Genève 1777

1. Le site et son histoire:
Le parc Jean-Jacques Rousseau, site classé, appartient, certes, à l’histoire de notre pays, mais surtout à celle des idées et à celle des rapports de l’homme avec la nature. C’est un témoin exceptionnel de cette école de la pensée du siècle des lumières qui poursuivra son développement dans le mouvement romantique du XIX° siècle. Aujourd’hui le département de l’Oise qui en a fait l’acquisition, entreprend une nouvelle étape de la valorisation du site grâce au statut de « Centre Culturel de Rencontre » qu’il a réussi à obtenir. Il en fait évoluer les usages et ouvre le Parc aux pratiques artistiques, aux visiteurs amoureux du lieu et à la population pour un espace de poésie et de vie sociale.
L’esprit du parc et de ses monuments, avec le cénotaphe de Jean-Jacques Rousseau, le Temple de Philosophie et les autres fabriques, ainsi que son patrimoine végétal composent un véritable tableau vivant dont la composition, mise en place au XVIIIe  siècle par le marquis de Girardin, a pu être conservée jusqu’ici pour l’essentiel. Il devra encore vivre pour accueillir les usages contemporains. 
Notre projet répond scrupuleusement aux données du programme technique, aux usages et aux contraintes économiques et réglementaires. Il doit tout autant répondre à l’esprit du lieu, fait de poésie maitrisée. Notre proposition recherchera donc une expression sobre et équilibrée, portant une grande attention à l’inscription dans le paysage. L’écriture architecturale sera simple et contemporaine. Elle cherchera  à provoquer surprise et étonnement par sa matérialité tout en gardant une grande lisibilité.

2.  Parti urbain et paysager
Le projet d’intégration dans le paysage du parc procède donc des principes suivants:
1)Implanter le bâtiment sut un axe Nord-Sud afin d’organiser une cour technique et fonctionnelle coté route, et d’ouvrir les espaces  de vie et les ateliers d’artistes sur le Parc. Cette disposition relie naturellement l’édifice avec les cheminements préexistants.
2)Minimiser l’impact volumétrique des bâtiments en les regroupant en un seul volume dont la silhouette  est réduite au minimum, tout en respectant les gabarits réglementaires. 
3)Intégrer le bâti dans le tissu végétal  – en respectant les arbres de haute tige – en dissimulant les annexes de stockage derrière un rideau de verdure le long de la route nationale (l’impacte sonore de la route sur les lieux de vie sera ainsi réduit) – en replantant des arbustes et en retraitant les sols pour réaliser la greffe paysagère.
4) L’implantation topographique du bâtiment permet de différencier les  volumes intérieurs tout en conservant un faitage uniforme sur toute la longueur de l’édifice, et de limiter les travaux de terrassements.
5)La dalle de béton préexistante, sera directement connectée aux ateliers d’artistes, et deviendra une plateforme de travail extérieure facilement exploitable. Elle sera accompagnée d’une pépinière exploitée par les jardiniers. Cet ensemble sera  accessible au public.

3.  Parti architectural:
Le projet répond à plusieurs préoccupations essentielles : 
1)Se conformer en tout point aux contraintes du Plan d’Occupation des Sols, aux soucis d’intégration et au détails des fonctionnalités exprimées dans le programme.
2)Prendre en compte l’enveloppe financière grâce à un souci constant d’économie, de simplicité et de rigueur architecturale
3)Mettre en œuvre des solutions techniques qui optimisent les couts de construction et la durée du chantier, grâce à l’utilisation de matériaux standards et une part importante de préfabrication.
4)Offrir des possibilités de flexibilité d’usage et de belles potentialités d’extension pour permettre la poursuite dans le futur du développement harmonieux du centre technique sur son propre site.

Pour cela, le projet présente la volumétrie simple et épurée d’un bâtiment dont la toiture est à deux pentes de 40º. Son emprise, volontairement limitée à une largeur de 11 mètres, permet de conserver une hauteur maximum de moins de 9 mètres, sur une longueur de 45 mètres
L’ensemble étant unifié dans un volume pur simplement rythmé par des claustras qui partitionnement le programme en séquences (les ateliers d’artiste, les locaux de vie, les locaux techniques). Inscrit dans le même gabarit, ces trois éléments de programme induisent trois typologies de coupe, tout en optimisant les solutions d’isolation thermique.

L’épiderme homogène des parois et de la couverture est composé d’un bardage de planches de bois Douglas de largeurs variables. Il sera traité selon une technique traditionnelle qui consiste à bruler le bois en surface sur une fine couche, pour créer une pellicule carbonée de protection. 

Le contraste entre cette « ligne horizontale de bois brulé» et la verticalité du paysage établit un dialogue poétique entre la construction et son environnement naturel.

Maîtrise d’Oeuvre :
Situation :
Budget :
Studies :
Images :
P.Rizzotti, D. Froidevaux, B. Barbier& GMGB
Ermenonville (60), France
490 k€

P. Rizzotti
Client:
Programme :
SHON :
Construction :
download :
SAO, Parc Jean-Jaques Rousseau
Pavillon de danse contemporaine
1080 m2
n.a.
n.a.